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Bulletin de l'ATFC

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Avril 2012 Numéro 22

Dans cette édition

Dans ce 22ème numéro du Bulletin de l’ATFC, vous pourrez lire le grand dossier portant sur le budget fédéral déposé jeudi le 29 mars dernier. Vous retrouverez également les trois participants au stage en formation continue présentés lors du bulletin de décembre, qui nous parlent de leurs apprentissages et de leurs impressions du stage. Finalement, vous trouverez des nouvelles des membres ainsi que des nouvelles brèves de l'ATFC.

Bonne lecture !

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 Grands dossiers

Le budget du 29 mars : Merci. La suite s'il vous plaît ?

Comme plusieurs l’ont souligné au cours des derniers jours, pour un citoyen canadien il serait fort difficile d’ignorer que le gouvernement fédéral a déposé son plus récent budget le 29 mars dernier. Cet exercice, qui s’est déroulé dans un contexte politique et économique très particulier, a fait naître au cours des onze derniers mois de très grandes craintes au sein de plusieurs secteurs de l’économie canadienne, de même que chez la plupart des citoyens du pays.

Ce grand dossier de l’ATFC n’est pas la place pour traiter des très grandes exigences et des sacrifices fort importants que ce budget engendrera chez plusieurs un peu partout au Canada; dès cette année, mais aussi au cours des prochaines. On parle tout de même de compressions annuelles de 5,2 milliards de dollars au cours des trois prochaines années et de la suppression de 19 200 postes dans la fonction publique fédérale, même si plusieurs de ces suppressions se feront par attrition. Si l’ATFC compatit avec certains organismes du secteur culturel et artistique, si elle leur manifeste sa profonde solidarité, de son côté, elle se doit néanmoins de se réjouir. Les raisons de le faire sont multiples.

Tout d’abord, comme on le sait maintenant, les mesures d’austérité sont moins douloureuses que ce qui avait été anticipé par notre secteur. Aucune coupe ni au Conseil des Arts du Canada, ni du côté des langues officielles, ni de celui du Fonds du Canada pour la présentation des arts.

Il convient de remercier le gouvernement fédéral et le Ministre du Patrimoine canadien, James Moore, qui mentionnent à l’intérieur du budget l’importance que revêtent pour eux les arts et la culture : « Le gouvernement est bien conscient que les arts et la culture contribuent de façon importante à la création d’emploi et à la croissance…Le gouvernement est convaincu qu’il est essentiel d’appuyer les arts pour soutenir notre économie et la qualité de vie des Canadiens, et il continuera d’accorder une aide importante à la culture canadienne ». (p.196)

Si on peut se réjouir que notre secteur n’ait pas subi les coupures qu’il craignait, si on peut se réjouir que le gouvernement reconnaisse que les arts et la culture représentent un élément de la reprise économique, nous adopterons néanmoins la prudence légendaire du Sioux. Au moment d’écrire ces lignes, la façon avec laquelle les conséquences de ce budget se déclineront au cours des prochains mois n’est pas claire, le document donnant des renseignements de nature très générale. De nombreuses inquiétudes persisteront dans un avenir qu’il est présentement difficile à évaluer quant à la façon dont plusieurs aspects du budget du Ministre Flaherty seront appliqués. D’apparentes bonnes nouvelles pourraient-elles nous réserver leur lot de surprises désagréables ? Il est beaucoup trop tôt pour le dire et spéculer ne serait pas de bon ton. Néanmoins, il nous semble à-propos de nous méfier.

Notamment, quelles décisions seront prises au sein du Ministère du Patrimoine canadien, qui devra essuyer des coupes (nonobstant celles associées à Radio-Canada) de quelque 76 millions sur trois ans?  De quelle façon auront-elles, ou non, une incidence sur la qualité des services et des relations dont des organismes tels que les nôtres bénéficient actuellement avec ce ministère ?

Toujours du côté de Patrimoine canadien, et peut-être plus inquiétant encore, cette petite phrase qui peut présentement être ouverte à toutes sortes d’interprétations.« Patrimoine canadien adoptera un cadre stratégique plus intégré et centré sur les bienfaits sociaux et économiques que ses programmes procurent aux Canadiens et à leurs collectivités. De plus, le ministère se concentrera sur les activités de financement donnant lieu à des contributions de la part de partenaires.» (p.306). Qu’est-ce que cela pourra bien vouloir dire au fil du temps pour des organismes comme les nôtres ? Le budget présenté par le Ministre Flaherty a tout de même été qualifié d’idéologique par plusieurs observateurs.

Sur un autre plan, l’ATFC s’inquiète beaucoup de la coupe de quelque 5.3 % que doit subir le Centre national des Arts du Canada, un partenaire important de l’association à l’intérieur de trois initiatives essentielles au développement de notre milieu. Tout d’abord, l’événement bisannuel Zones théâtrales, dont la pérennité n’est pas encore assurée au-delà de l’édition de 2013, ensuite l’appui historique du Centre face au développement du théâtre franco-canadien, notamment au plan dramaturgique, et, finalement, le récent soutien offert par le CNA au stage annuel en formation continue organisé par notre association en partenariat avec l’École nationale de théâtre du Canada et le Banff Centre. L’ATFC souhaite vivement qu’aucune de ces trois activités ne soit touchée par les coupes imposées au CNA et offrira sous peu son appui aux autorités du Centre afin de travailler en ce sens avec elles.

Par ailleurs, les coupes sévères avec lesquelles Radio-Canada doit composer pourraient avoir des conséquences à deux niveaux sur l’ensemble du milieu théâtral franco-canadien. Tout d’abord, elles devraient avoir des impacts majeurs sur la production dramatique en français à l’extérieur de Montréal. Notre télévision nationale a des responsabilités en ce sens qu’elle pourrait ne pas honorer. Cela pourrait certainement avoir des conséquences fâcheuses sur les possibilités d’emploi des artistes et artisans des régions du Canada français. De même, plusieurs compagnies de l’ATFC s’inquiètent déjà des répercussions que la nouvelle réalité à Radio-Canada pourra avoir sur les partenariats qui les lient avec notre diffuseur public au plan du marketing ; certains de ces partenariats existent depuis plusieurs années.

Sur un autre plan, il y a tout lieu de s’inquiéter du fait qu’il est clairement dit dans le budget que les fonctionnaires auront maintenant moins d’argent pour se déplacer. Pour un organisme comme le nôtre, qui soutient depuis plusieurs années l’importance que les agents du fédéral aient une meilleure connaissance des diverses réalités régionales dans lesquelles évoluent ses compagnies membres, notamment en se déplaçant pour les constater, cela nous ramène tout près de la case départ.

Si nous nous réjouissons des bonnes nouvelles que le budget Flaherty semble apporter, s’il est, pour l’instant, impossible de savoir de quelle façon ses conséquences se déploieront au fil du temps, de notre côté notre regard se porte déjà ailleurs. Selon la limite de nos moyens, nous souhaitons maintenant travailler avec le gouvernement pour aller plus loin. Il est déjà temps de souhaiter que la reconnaissance mentionnée dans son budget envers les arts et la culture se traduise par d’autres éléments qu’une absence de coupures. L’ATFC, comme - nous en sommes convaincus, l’ensemble de notre secteur -, offre au Ministre son entière collaboration à travailler de concert avec lui pour que cette reconnaissance se reflète par de nouveaux investissements envers le Conseil des Arts, en venant bonifier les budgets qui lui sont dédiés. À cet effet, nous ne savons pas bien comment interpréter ces phrases contenues à l’intérieur du communiqué émis quelques minutes à peine après la fin de l’annonce du budget par le Conseil : « Selon Robert Sirman, directeur et chef de la direction : « La décision du gouvernement de maintenir le financement du Conseil nous donne l'occasion de prendre, de notre propre chef, des mesures qui génèreront des économies que nous pourrons réinvestir dans le secteur artistique professionnel. Cela nous permettra aussi de nous assurer que nos programmes demeurent pertinents, rentables et adaptés aux besoins en constante évolution de la communauté. Au cours des trois prochaines années, nous mettrons en œuvre un certain nombre de changements déjà en cours d'élaboration, notamment la réduction des coûts de nos locaux, la simplification de nos processus opérationnels et le rajustement de nos programmes. »

Pour revenir au gouvernement fédéral, après onze mois d’incertitude, onze mois durant lesquels il nous a fait peur, ce budget est enfin déposé. C’est fait, c’est réussi. Comme nous l’avons dit plus haut, les compagnies de l’ATFC semblent en bonne posture, tant du côté du Conseil des Arts du Canada, des Langues officielles que de celui du Fonds du Canada pour la présentation des arts. Mais quelle est la suite ? Si les arts et la culture sont si importants aux yeux du gouvernement, nous ne pouvons nous contenter de pousser un soupir de soulagement en disant : « Ouf ! On n’a pas été coupés ! Très bien, merci. On s’en sort très bien ! » Si les arts et la culture sont si importants aux yeux du gouvernement, nous serons heureux de l’aider à le démontrer et à participer avec lui à un Canada palpitant, sain, et dont nous serons fiers.

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 Chez nos membres

Au Cercle Molière

Le Marathon de mises en scène

Le Cercle Molière lancera son premier « Marathon de mises en scène » en mai 2012 suite au succès des ateliers de formation en mise en scène avec Kim McCaw en décembre 2010 et 2011. Les participants des deux formations ont été appelés pour y participer. Chaque metteur en scène aura donc l’occasion de présenter un extrait de 5 à 10 minutes d’une pièce avec une distribution de leur choix. Dépendant du nombre de participants, ce « Marathon » s’étendra sur deux soirées. Le marathon sera présenté dans le cadre du Festival de Lectures éclatées qui est toujours présenté en mai.

Auditions

L’appel aux auditions a été lancé à tous pour la saison 2012-2013 - professionnels, amateurs et rêveurs sont convoqués. Les auditions de cette année serviront aussi à combler les distributions pour le « Marathon de mises en scène ». Le CM espère découvrir de nouveaux visages et de nouveaux talents pour renchérir leur troupe.

Poster de l’HypocriteL’Hypocrite

Le volet jeunesse du Cercle Molière, le Théâtre du Grand Cercle, présentera L’Hypocrite de Michael Gauthier. La pièce sera présentée aux écoles du 16 au 27 avril 2012 avec une représentation publique le dimanche 22 avril à 14 h. Nous sommes fiers des jeunes talents qui prennent leur envolé pour cette production, autant sur les planches qu’en arrière scène. Claire Sparling, par exemple, qui a fait la conception du décor et des costumes, a préparé un décor innovateur qui comprend des rampes dignes d’un skatepark. Les comédiens feront preuve de leurs capacités multidisciplinaires sur la scène avec leur bicyclette et leur planche à roulette.  En plus, le TGC et le CM sont honorés d’accueillir Michael Gauthier chez eux. L’auteur sera de passage à Winnipeg pour une visite.

De Bouche à oreille

Le Théâtre du Grand Cercle présentera leur spectacle De Bouche à oreille. Les spectacles De Bouche à oreille sont présentés dans les écoles manitobaines depuis plus de 20 ans et ils connaissent toujours un succès éclatant auprès des élèves et des professeurs. Cette production, présentée dans les écoles d’immersion ou celles ayant des programmes de français de base, permet aux élèves d’entendre le français dans un contexte culturel et dynamique. Cette année, la production sera présentée plus de 150 fois à plus de 4 500 élèves de la 4e à la 6e année !

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Au Théâtre du Trillium
Caricature pour Écume Crédit : Denis Chiasson
Caricature pour Écume
Crédit : Denis Chiasson

Direction artistique

Du 5 au 20 mai prochains, grâce à une résidence de création offerte par le Théâtre français du Centre national des Arts, Anne-Marie White s’envolera pour Berlin où elle pourra se ressourcer à la Schaubühne. Son séjour de quelques semaines lui permettra d’embrasser les pratiques artistiques plurielles et de nourrir le Théâtre du Trillium d’un nouveau souffle. Anne-Marie sera accompagnée de deux autres créateurs, soit Louise Naubert et Joël Beddows.

Après une création à l’automne 2010 et une tournée pancanadienne qui se poursuivra la saison prochaine, le texte d’Anne-Marie, Écume, passera bientôt sous les presses. En effet, les Éditions Prise de parole publieront le texte dès la saison prochaine.

Anne-Marie White se voit finaliste du Prix du Conseil des arts d’Ottawa pour les artistes à mi-carrière. Dévoilée le 14 février dernier, cette bourse (5000 $ remis au lauréat et 1000 $ remis aux finalistes) a été créée en 2007 afin d’encourager les artistes qui ont dépassé le stade émergent de leur carrière. À suivre…

Prix Rideau

C’est lors d’un 5 à 7 tenu le 27 février dernier que les finalistes du 5e Gala des Prix Rideau Awards ont été dévoilés. Le Théâtre du Trillium récolte 11 nominations dans les différentes catégories. Notre production Taram récolte 7 nominations (dont la catégorie Production de l’année) et notre coproduction avec le jeune Théâtre Belvèdère, Autopsies de biscuits chinois, compte 4 nominations (dont Nouvelle création de l’année). Les gagnants seront connus le 22 avril prochain.

Le Trillium Show - Spectacle-bénéfice

Le Théâtre du Trillium organise, pour une 3e édition, le spectacle-bénéfice Le Trillium Show. La soirée qui a pour but d’amasser des fonds pour la diffusion et le rayonnement des spectacles de la compagnie en tournée se tiendra le 26 mai prochain à l’Église All Saint de Côte-de-Sables. Une excellente occasion de se regrouper entre complices pour une soirée purement festive et musicale! Pour en connaître plus et pour y participer, visitez notre site web : www.theatre-trillium.com

La prochaine création du Théâtre du Trillium

Jonglant avec une future saison semi-itinérante (dû au projet majeur de construction à La Nouvelle Scène), le Théâtre du Trillium tient à vous aviser que sa prochaine création se tiendra du mardi 25 septembre au dimanche 30 septembre 2012 à La Nouvelle Scène. Un événement à rajouter, dès maintenant, à vos agendas. L’identité du spectacle vous sera dévoilée lors du lancement de la saison 2012/2013 de La Nouvelle Scène le 6 juin prochain!

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 Zoom

Sasha Dominique, Émilie Leclerc et Gabriel Robichaud le confirment : la première édition du stage en formation continue au Banff Centre est une réussite !

C’est en décembre dernier que se tenait  le tout premier stage en formation continue offert par l’ATFC en partenariat avec le Banff Centre et l’École nationale de théâtre du Canada. Il faut rappeler que ce stage représente l’aboutissement de plusieurs années de travail de l’ATFC afin de palier au manque d’occasions de formation continue pour les artistes du théâtre au Canada français. C’est maintenant chose faite et le premier stage fut un retentissant succès !

Dix-sept participants venant de partout au Canada français ont pris part à trois semaines de formation intensive dans un paysage d’hiver à couper le souffle. En plus des ateliers donnés par des formateurs de renom de l’ÉNT, plusieurs conférences et activités avaient été prévues.

Avant le départ des artistes pour Banff, nous avions rencontré trois des participants pour connaître leurs attentes et comprendre ce qu’un stage du genre pouvait apporter à leur carrière, leur parcours. Il nous a semblé nécessaire de les laisser redescendre de leur nuage avant de les revoir, car suite à des conversations fortuites avec certains d’entre eux au lendemain de leur retour, plusieurs avaient du mal à sortir de leur bulle et à expliquer ce qu’ils avaient vécu tant l’expérience fut intense. Nous les avons donc rencontrés de nouveau en février dernier et voici un aperçu de ce que Émilie Leclerc, Sasha Dominique et Gabriel Robichaud nous ont raconté !

Un mot à l’honneur : générosité !

Quelques mots communs à tous étaient déjà ressortis de la première entrevue parue dans le Bulletin de décembre: inspiration, découverte, ouverture, privilège, rencontres. Eh bien ils ont également été maintes fois entendus lors de leur deuxième entrevue ! Mais aussi le mot « générosité ».  Ces trois artistes ont tous grandement apprécié l’engagement démontré par les formateurs de l’École nationale de théâtre du Canada qui ont su s’adapter aux conditions et aux artistes qu’ils avaient sous la main pour offrir un enseignement quasi personnalisé. Quant à nos trois compères, ils ont également été très généreux lors des entrevues, discutant abondamment de leur projet ou de leur expérience. Leur passion ravivée suite à cette expérience artistique est palpable et ils avaient encore les paysages montagneux dans les yeux !

Quel a été leur principal apprentissage professionnel ?

Gabriel Robichaud

Gabriel Robichaud, originaire de l’Acadie, participait à l’atelier De la nécessité de connaître les anciens pour comprendre les modernes, donné par Alice Ronfard. Pour Gabriel, le principal apprentissage a été de développer un nouveau rapport face au texte dramatique. Tout le travail fait  autour des personnages types du théâtre grec et autour de la mythologie lui a permis en premier lieu d’apprécier davantage le théâtre classique, mais également de mieux comprendre les rapports entre les personnages d’une pièce, qu’elle soit classique ou moderne.  Gabriel a d’ailleurs eu la chance de mettre en pratique ses apprentissages puisqu’il a assisté, lors d’un récent voyage en Europe, à une représentation de la Trilogie de Sophocle, réunie sous le titre Des femmes à Namur. Il dit avoir pu apprécier la traduction autant que l’actualisation qu’en a fait Wajdi Mouawad grâce à sa récente compréhension de la mythologie. Sa participation a donc déjà fait ses preuves ! «Au début des trois semaines d’atelier, j’avais des appréhensions face aux textes que nous allions étudier. À la fin des trois semaines, on avait tous envie de les monter ! J’en reviens pas encore du déclic qui s’est fait, je trouve ça merveilleux ! ».

Émilie LeclercÉmilie Leclerc, qui habite Vancouver, participait à l’atelier donné par Luc Bourgeois Technique de jeu : Voix, diction et phonétique. Émilie voulait, au départ, se sentir plus à l’aise face à un texte en français, elle qui a suivi sa formation de base en anglais, au Studio 58 de Vancouver.

Elle désirait mieux comprendre la mécanique de la phonétique francophone afin d’être mieux préparée à auditionner pour des rôles en français. Les exercices proposés par Luc Bourgeois lui ont permis de comprendre cette mécanique et d’identifier ses propres carences. Luc a en effet travaillé de façon individuelle avec les participants autant pour placer la résonnance de la voix que pour travailler la mécanique. Selon Émilie, cet atelier a consolidé sa formation de base.

Sasha DominiqueSasha Dominique, de la région d’Ottawa-Gatineau, a suivi l’atelier Développer et nommer son processus de création. Cet atelier a été donné de façon très personnalisée, puisque les trois participants étaient chacun à une étape bien différente de leur projet, nécessitant une participation plus intime de la part du formateur, Sylvain Bélanger. Sasha, pour sa part, a dit avoir fait l’apprentissage d’une façon de travailler. Lors de ses précédents projets de création, elle voulait travailler seule et s’inspirer de son vécu et de son expérience personnelle pour en arriver à un spectacle terminé. Cette fois, elle a voulu se lancer dans une nouvelle aventure et  explorer une autre méthode de travail. Elle a voulu se laisser inspirer par d’autres œuvres (musicales, visuelles, photographiques, vidéo), par des recherches, par des collaborateurs afin de prendre la parole, écrire une pièce. Elle a voulu se mettre en déséquilibre. Bien que le sujet ait été choisi avant son départ pour Banff, la forme que peut prendre le texte et le public à qui il s’adresse a changé plusieurs fois au cours des trois semaines. Pour Sasha, il était important de rester ouverte à toutes les propositions, accepter de ne pas savoir comment se termine l’histoire sans ressentir de sentiment de panique. Avec la confiance que les choix s’imposeront d’eux-mêmes.

… et personnel ?

Chez ces participants, les trois semaines de stage ont confirmé leur envie de créer. Pour Gabriel, l’envie de faire un jour de la mise en scène s’est imposée. Il désire plus que jamais se prendre en main, fonder sa compagnie, écrire. Il poursuivra d’ailleurs l’écriture de sa pièce pour laquelle il dit avoir compris certaines choses pendant les ateliers qui pourront l’aider à clarifier les relations entre ses personnages.

Sasha brule d’impatience de reprendre le travail qu’elle a entrepris à Banff. Bien qu’elle n’en soit pas encore à l’heure des choix ; elle désire continuer son exploration, elle rêve déjà de laboratoires avec des collaborateurs, d’images vidéo, de conseiller dramaturgique. Sasha se définit d’abord et avant tout comme une créatrice et le stage a confirmé cette envie de créer.

Quant à Émilie, ce séjour lui a permis de prendre du recul et se remettre en question. Pour elle, il est important de se donner le temps de se demander ce qu’on a envie de dire en tant qu’artiste, de poser un regard sur sa carrière. Cette période a donc comblé son besoin de solitude pour réfléchir à l’artiste qu’elle est, et a amplifié son envie de jouer. L’éloignement de son quotidien, la présence des autres artistes, les nouvelles rencontres, tout ça a éveillé ses goûts et lui a permis une prise de conscience importante. Elle pense même à l’écriture !

Inspiring Creativity, le slogan du Banff Centre, a donc pris tout son sens pour les dix-sept participants. La nature, les montagnes, le partage avec les autres artistes présents forment un tout qui contribue à éveiller la créativité des artistes. On peut dire la même chose des conférenciers qui ont été invités spécialement pour le stage. Que ce soit Peter Gnass, Stéphanie Jasmin, Christian Lapointe, Kelly Robinson ou Alice Major, leur parcours, leur engagement et leur passion pour leur art en ont grandement inspiré plus d’un.

Trois semaines intenses, éreintantes, épuisantes, même, mais qui ont valu le déplacement. L’avenir saura nous démontrer l’impact qu’aura eu ce séjour sur ces trois artistes, ainsi que sur les autres. Émilie, Gabriel et Sasha ont tous trois mentionné qu’il est important que cette initiative se poursuive. Ils seraient d’ailleurs grandement intéressés à y retourner. Chose certaine, le groupe reste bien soudé -les participants ont même créé, paraît-il, un site Facebook secret!

Quant à ceux qui aimeraient tenter leur chance pour la prochaine cohorte, sachez que l’appel de candidatures sera rendu public dans la deuxième semaine de mai et que les candidats intéressés auront jusqu’au 15 juin pour soumettre leur candidature. Lorsqu’il paraitra, veuillez bien lire l’appel de candidatures, car le matériel demandé aux postulants sera plus volumineux comparativement à ce qui a été demandé en amont de l’édition de décembre dernier. Toujours offert à l’ombre des Rocheuses albertaine, le stage se déroulera du 19 novembre au 9 décembre prochains et s’adressera en exclusivité aux auteurs, metteurs en scène et scénographes du Canada français comptant un minimum de cinq ans d’expérience. Suivez-nous sur Facebook ou visitez régulièrement notre site Internet!

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 En bref

Trois auteures du Canada français participeront à la classe de maitre Appartenir à son temps, ça veut dire quoi pour un auteur ? offerte par Daniel Danis au cours du Festival du Jamais lu, à Montréal

Trois auteures

Pour la seconde année consécutive, l’ATFC permettra à trois auteurs du Canada français de suivre une classe de maitre présentée au cours du Festival du Jamais lu, dont la 11e  édition aura lieu à Montréal du 4 au 11 mai prochain. Suite à un appel national et suite à la sélection effectuée par un jury, les Acadiennes Emma Haché et Caroline Sheehy, de même que Sasha Dominique, de la région d'Ottawa-Gatineau, auront la chance de suivre la classe de maitre Appartenir à son temps, ça veut dire quoi pour un auteur ? sous la tutelle de Daniel Danis.

Cette activité leur permettra d’entrer en contact avec la pratique d’un dramaturge émérite. Les participants réfléchiront tour à tour de façon théorique et pratique aux questions soulevées par ce dramaturge de renom international qui s’interrogera avec l’ensemble des participants sur la position de l’auteur contemporain dans sa société et la traduction de celle-ci dans son œuvre. Au moment de prendre la plume par quoi êtes-vous traversés? Que véhiculez-vous de votre époque, du territoire géographique d’où vous prenez la parole? En êtes-vous le témoin, le révélateur, le prophète? Et comment, concrètement, ces questions se matérialisent-elles dans votre écriture? Une invitation pour les auteurs à réfléchir à leur pratique en compagnie de cet artiste qui met au cœur de sa démarche les questions d’appartenance au territoire, réel et imaginaire.

Sasha Dominique, Caroline Sheehy et Emma Haché auront, de plus, l’occasion de participer à l’ensemble du festival, qui sera composé, comme à l’habitude, de lectures de textes inédits, de  tables rondes, et de bien d’autres moments stimulants.

Par ailleurs, le texte pour adolescents, Statu Quo, de Gilles Poulin Denis, sera présenté en lecture publique le 8 mai à l’intérieur de la programmation du festival. Craig Holzschuh assurera la mise en lecture de ce texte issu du programme de développement dramaturgique du Théâtre la Seizième. La distribution sera composée de Marie-Claire Marcotte, Charli Arcouette, Mikhail Ahooja et Gilles Poulin-Denis.

Le Festival du Jamais Lu propose, aux auteurs de théâtre de la relève québécoise, canadienne et internationale une tribune pour la lecture de textes inédits. Pensées par des metteurs en scène et portées par la voix de comédiens, ces lectures publiques font jaillir des langues, des formes, des styles très variés, mais tous empreints d’une envie commune : celle de réformer, par le biais de la fiction, le monde dans lequel nous évoluons. Au fil des ans, le Jamais Lu est devenu un évènement phare de la culture émergente, un incontournable pour ceux qui désirent être au fait des préoccupations et des tangentes artistiques de la nouvelle génération.

Pour consulter la programmation de l’édition 2012 du Festival du Jamais lu, visitez le site Internet.

Le Festival du Jamais lu et l’ATFC reconnaissent l’appui du Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes du Gouvernement du Québec pour la tenue de ce projet.

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Une présence d'envergure du Canada français au Carrefour international de théâtre, à Québec.

L’ATFC, ses compagnies membres, des artistes pigistes du Canada français, de même que la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada seront très visibles du 27 mai au 2 juin prochains à Québec, à l’occasion de l’édition 2012 du Carrefour international de théâtre.

Tout d’abord, les 28, 29 et 30 mai, trois équipes mixtes formées, au total, de vingt artistes du Canada français et de la ville de Québec travailleront ensemble sur trois textes issus du Canada français, certains terminés, d’autres toujours en cours d’écriture.

À la suite d’un concours national pour lequel vingt-trois projets ont été étudiés, le jury a choisi les textes suivants :

  • No man’s land, de Johanne Parent, Acadie
  • Dans ces mains vides, de Michel Ouellette, Ontario
  • Dehors, de Gilles Poulin-Denis, Ouest

Le fruit de ce travail sera offert - au point de développement qui sera atteint au terme de trois jours de laboratoires-, le 31 mai, au public du festival. Il s’agira du moment culminant d’une journée destinée aux professionnels participant à l’évènement, une sorte de mini-colloque formé d’activités fort variées. Tout d’abord, une rencontre très prometteuse avec Bernard Faivre d’Arcier, directeur du Festival d’Avignon, qui permettra également aux compagnies de l’ATFC d’échanger avec plusieurs de leurs collègues de la ville de Québec. Cette rencontre sera suivie d’une table ronde qui sera l’occasion d’en découvrir davantage sur les dramaturgies franco-canadienne, québécoise, de même que celle appartenant à la francophonie européenne. Au terme de cette table ronde, les compagnies de l’ATFC et les artistes du Canada français rencontreront le RÉPET (Regroupement Énergique des Petites entreprises de théâtre). Il s’agit d’un mouvement né à Québec et qui vise à démystifier les petites compagnies de théâtre. Puis, en fin de journée, ce sera la présentation des laboratoires. En plus d’artistes et de représentants de compagnies du Canada français et de la ville de Québec, cette journée de rencontres réunira également des diffuseurs étrangers.

Puis, les 1er et 2 juin, l’ATFC procèdera à son assemblée générale annuelle, à laquelle l’ensemble des membres de l’association est convié. En fin de journée, le 1er juin, la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada procèdera à la huitième édition de la remise de ses Prix d’excellence. La Fondation en profite d’ailleurs pour rappeler que les candidats intéressés ont jusqu’au lundi 16 avril pour lui faire parvenir leur projet. On peut d’ailleurs consulter le site de la Fondation pour en savoir davantage.

L’ensemble de ces activités est rendu possible par le Carrefour international de théâtre, la Direction générale des programmes d’appui aux langues officielles du Ministère du Patrimoine canadien et le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes du Gouvernement du Québec.

carrefourMinistère du Patrimoine canadiensaic

 

Suivez le Carrefour sur Facebook ou visitez leur site Internet régulièrement pour connaitre la programmation 2012 qui sera dévoilée le 18 avril prochain!

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Trois créateurs du Canada français aux Rencontres internationales de jeunes créateurs et critiques des arts de la scène offertes au cours du Festival TransAmériques

Trois créateurs

Les créateurs Émilie Leclerc (Vancouver), Mathieu Chouinard (Acadie) et Pierre Antoine Lafon Simard (Ottawa-Gatineau) ont été retenus parmi les dix-huit candidats qui ont présenté une demande afin de participer, du 27 mai au 5 juin prochains, à cette  activité de haut niveau qui se déroulera à Montréal au cours du Festival TransAmériques. 

Destinées aux échanges professionnels et au développement de réseaux, les Rencontres internationales de jeunes créateurs et critiques des arts de la scène consistent en un séjour d’une dizaine de jours qui permet à une trentaine de jeunes professionnels de 25 à 35 ans - créateurs et critiques des arts de la scène du Québec, du Canada et de l’étranger - de se rencontrer, de confronter leurs réalités artistiques et critiques, d’échanger avec des artistes de la programmation et de participer à des ateliers-discussions animés par des artistes ou critiques chevronnés.

Pour les participants, il s’agira d’un séminaire tout indiqué pour approfondir leur réflexion sur la création contemporaine et partager leur expertise avec des pairs. Des activités communes et spécifiques aux groupes de créateurs et de critiques sont offertes et les participants sont accompagnés d’un médiateur culturel tout au long du projet.

Ces Rencontres se tiendront dans l’environnement hautement stimulant de la 6e édition du Festival TransAmériques et permettront ainsi aux participants d’assister à une foule de spectacles pendant leur séjour.

Le parcours professionnel des participants leur permettra de découvrir le milieu des arts de la scène, au Québec et à l’échelle internationale. Il facilitera, par ailleurs, la circulation de nouvelles idées et sources d’inspiration par le biais de rencontres multidisciplinaires et internationales, en stimulant les relations entre créateurs et critiques et la participation à divers débats. La délégation 2012 sera notamment composée de participants en provenance de la France, de la Belgique, de l’Allemagne, de l’Italie, d’Israël, du Québec et du Canada.

Pour tout savoir sur le FTA 2012.

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Les 22 et 23 avril : l'ATFC réunira à Ottawa les sept institutions du Canada français qui offrent une formation post-secondaire en théâtre.

La création du stage en formation continue offert en partenariat avec le Banff Centre et l’École nationale de théâtre du Canada se veut une réponse définitive aux besoins de ressourcement professionnels des artistes du théâtre du Canada français. Cet aspect de la formation théâtrale étant maintenant bien servi, il est temps que l’ATFC reprenne le dialogue avec les sept institutions (déjà opérationnelles ou en voie de l’être) offrant une formation de base aux aspirants artistes et techniciens. Profitant du colloque Histoire, mémoire, représentation, qui aura lieu à l'Université d'Ottawa du 19 au 21 avril, l’ATFC prendra, en quelque sorte, le relai en réunissant le Département d’Art dramatique de l’Université de Moncton, le Département Affaires, Arts et culture du Collège communautaire du Nouveau Brunswick, le Département de théâtre de l’Université d’Ottawa, le Programme de Baccalauréat en théâtre de l’Université Laurentienne, le Programme Techniques et gestion de scène du Collège Boréal, le Département d’études françaises, de langues et de littératures de l’Université de St-Boniface et le Programme Études théâtrales et traduction du Campus St-Jean de l’Université de l’Alberta.

Ces deux jours de rencontre souhaitent permettre d’établir la façon dont l’ATFC peut continuer à appuyer les divers programmes dans leurs démarches, tout en répondant à la question : La formation théâtrale de base a t-elle évolué au diapason des besoins de la pratique ? Deux journées bien remplies qui permettront sans aucun doute de renouer un dialogue profus et d’amorcer des actions conjointes dont les répercussions seront, à terme, très importantes.

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Manchettes

Calendrier

Bulletin

Dans cette édition
Dans ce 26e numéro du Bulletin de l'ATFC, vous pourrez lire le Grand dossier portant sur les activité de l'association rédigé par Alain Jean, nous vous présentons Alice Ronfard, metteure en scène qui a animé à deux reprises nos ateliers en formation continue au Banff Centre, vous lirez les manchettes de nos compagnies membres et des nouvelles brèves de l'ATFC. De plus, la section En route vers le 30e vous présente le Théâtre populaire d'Acadie.